Du sang. Les boyaux pendent et j'y pense. Au sang. Il y en a beaucoup répandu sur le sol. Du sang.
Un ½il est partit on ne sait où. Le tueur l'a peut-être mangé. Quel goût ça a les yeux ? Je me demande bien. Le sang vient chatouiller mes chaussures noires. Le tueur nous nargue. Il a fait tirer la langue à la victime, au cadavre. Le tueur. Si je le revois il faut que je lui demande quel goût ont les yeux. Glauque, oui je sais. Mais j'y peux rien je suis comme ça. Peut-être les yeux verts ont un goût d'olive...Les dix doigts, coupés, ont étés placés dans les orifices disponibles. Tiens ma supérieure arrive. Elle a des yeux marrons. Chocolat peut-être... A moins que se soit café. Elle me parle et j'écoute pas. Elle a de longs cheveux. Elle continue à parler. Ce serait marrant de l'attacher. Elle me demande une réponse que je ne lui donne pas. Ensuite on pourrait lui arracher ses cheveux uns à uns. Elle commence à s'énerver. Finalement on lui ferait manger ses cheveux pour qu'elle s'étouffe. Je m'excuse auprès d'elle, fait mon rapport.Elle se calme et s'en va.Faudrait penser à lui arracher la langue et lui crever les joues. Puis lui arracher la machoire. Pour plus qu'elle parle. J'ai choisit d'être flic à Chicago pour voir des cadavres. Pas été deçu. Un des plus forts taux de morts par balle des USA. Tiens voilà mon pote. Il a les yeux noirs. Réglisse ? Il me propose d'aller acheter des donuts. Pas envie. Trop cliché. Et puis les yeux doivent être meilleurs.
Deux mois plus tard je frappe à une porte. Pas de réponse et pourtant il est là. Je fais pas comme dans les films, je défonce pas la porte. Je crochette la porte. J'suis seul là. J'ai pas d'mandat. Donc si jme suis trompé c'est moi qui paye. J'entre arme à la main. Un couteau. Je l'ai récupéré dans le corps de ma femme hier. Un ancien tolard qui avait pas digéré que j'lai arreté. Bref revenons à nos moutons psycopathes. Il est a priori dans la salle de bain. Du sang coule sous la porte. Merde. Là par contre je défonce la porte. Faudrait pas qu'il se suicide. J'arrive dans la salle de bain. Un cadavre fraichement égorgé gît au sol. Il lui manque un oiel. La fenêtre est ouverte. Nous sommes au rez-de-chausée...
Cela fait un an. Pas d'autre victimes. Pas d'autre copine non plus. Je vis seul. Suis pas allé à son enterrement. Sa famille m'aurait engueulé. Me suis fait viré. Y ont pas supporté mon intervention solitaire. Ca m'énerve. Mais aujourd'hui c'est fini. Je sais qui a tué et enlevé tous ces yeux. Je me rend chez lui. Je sonne à la porte, qui s'ouvre. « Vous voulez ? » me demande l'autochtone. « Savoir quel goût ont les yeux bleus... »